Nouvel indice génétique de l’allergie aux arachides

Les scientifiques ont découvert un défaut génétique qui “peut tripler le risque qu’un enfant développe une allergie aux arachides”, a rapporté BBC News. Le gène affecté, appelé le gène de la filaggrine, est déjà connu pour jouer un rôle dans d’autres conditions liées à l’allergie, telles que certaines formes d’eczéma.

Ces résultats proviennent d’une étude qui a examiné la façon dont les mutations de la filaggrine étaient communes chez 461 Européens et Canadiens allergiques aux arachides et chez 1 891 personnes non atteintes de cette affection (groupe témoin). Jusqu’à 19% des personnes allergiques aux arachides portaient au moins une copie mutée du gène, contre environ 4% à 11% des témoins.

Il est important de noter que toutes les personnes ayant des mutations de la filaggrine ne présentaient pas d’allergie à l’arachide et que toutes les personnes allergiques à l’arachide n’avaient pas de mutation détectée dans ce gène. Ceci suggère que d’autres gènes peuvent également être impliqués et ceux-ci peuvent également interagir entre eux et avec l’environnement pour déterminer si une personne développe une allergie à l’arachide. Les résultats doivent également être confirmés dans des groupes plus importants et dans des échantillons de différentes ethnies.

La découverte de ce lien génétique devrait, espérons-le, aider les chercheurs à mieux comprendre la maladie, ce qui pourrait mener à de meilleurs traitements à long terme. Cependant, cela prendra du temps et n’est pas garanti.

D’où vient l’histoire?

L’étude a été réalisée par des chercheurs de l’Université de Dundee et d’autres instituts de recherche au Royaume-Uni, en Irlande, au Canada et aux Pays-Bas. Les participants à cette étude provenaient de diverses études de cohorte financées par un certain nombre d’organismes, notamment la Food Standards Agency du R.-U., la Fondation canadienne de dermatologie, le Réseau de centres d’excellence AllerGen et la Fondation canadienne d’allergie, d’asthme et d’immunologie. La recherche a également été soutenue par la British Skin Foundation, la National Eczema Society, le Medical Research Council, le Wellcome Trust et par des dons de familles anonymes touchées par l’eczéma dans la région de Tayside en Écosse.

Un chercheur aurait déposé des brevets sur des méthodes de tests génétiques et des techniques de développement thérapeutique dirigées contre le gène de la filaggrine examiné dans cette étude.

L’étude a été publiée dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology.

Les sources de nouvelles ont généralement rapporté cette étude de manière appropriée, bien que certains ont suggéré à tort que les personnes ayant des mutations de la filaggrine font face à un risque triple d’allergie à l’arachide. Cette affirmation ne met pas le risque en contexte et ne tient pas compte de la prévalence relativement élevée de ces mutations chez les personnes en bonne santé. Le Daily Express suggère que les résultats pourraient mener au dépistage et que les nouveaux traitements «ne sont pas loin». Cependant, il n’est pas encore clair si l’une ou l’autre de ces possibilités est probable à la suite de cette recherche.

De quel type de recherche s’aggissait-t-il?

Les auteurs de cette étude citent des études qui ont révélé qu’environ 1,2% à 1,6% des enfants d’âge préscolaire et scolaire au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni souffraient d’allergies aux arachides et qu’aux États-Unis, la prévalence chez les adultes , à 0,6%. Les chercheurs rapportent également que des études menées chez des jumeaux ont suggéré que les facteurs génétiques contribuent à déterminer si une personne souffre d’allergie à l’arachide, mais on ne sait pas quels gènes spécifiques sont impliqués.

Cette étude de cas-témoins a examiné si un gène spécifique, le gène de la filaggrine, est associé à l’allergie à l’arachide. La protéine filaggrine qui est codée par ce gène est connue pour jouer un rôle dans la formation d’une barrière sur les surfaces du corps. Les mutations qui empêchent le gène filaggrin de fonctionner sont connues pour être associées à la dermatite atopique, une affection cutanée allergique qui est une forme d’eczéma, ainsi que d’autres conditions liées aux allergies. Sur cette base, les chercheurs ont pensé que des mutations dans la filaggrine pourraient également être associées à l’allergie à l’arachide.

Ce type d’étude est souvent utilisé pour déterminer si un gène particulier pourrait être lié à une maladie ou à une affection.

Qu’est-ce que la recherche implique?

Les chercheurs ont comparé le gène de la filaggrine chez les personnes allergiques aux arachides (cas) et chez les personnes sans condition (témoins) pour voir si elles pouvaient trouver des différences. Toutes les mutations qui ont été trouvées plus fréquemment dans les cas que les contrôles pourraient potentiellement avoir contribué au développement de leur allergie aux arachides.

Les chercheurs ont d’abord examiné 71 personnes souffrant d’allergie à l’arachide confirmée et 1000 personnes sans allergie à l’arachide. Ces cas venaient d’Angleterre, de Hollande et d’Irlande. Leur allergie à l’arachide a été confirmée lors d’un test supervisé au cours duquel on leur a administré une petite quantité de cacahuète.

Les témoins ont été tirés d’un groupe de nourrissons recrutés à la naissance dans la population générale en Angleterre et suivis jusqu’à l’âge de sept ans ou plus. Tous ont été testés négatifs lors des tests cutanés pour l’allergie aux arachides. Il était important que les cas et les témoins aient des antécédents ethniques similaires pour s’assurer que les différences observées étaient plus susceptibles d’être liées à l’allergie aux arachides que les différences ethniques. Les chercheurs ont recherché deux mutations de la filaggrine qui sont les plus courantes chez les Européens.

Les chercheurs ont ensuite effectué des analyses pour voir si ces mutations étaient plus fréquentes chez les personnes allergiques aux arachides que chez les témoins. Ces analyses ont pris en compte si les gens avaient une dermatite atopique, qui est une condition associée à des mutations de la filaggrine.

Après avoir fait cela, ils ont répété leurs évaluations dans un deuxième ensemble de cas et de contrôles. Ce groupe comprenait 390 patients canadiens blancs ayant une allergie confirmée à l’arachide et 891 témoins canadiens blancs provenant de la population générale. Les cas de cette étude ont été confirmés par des tests de consommation d’arachides (comme dans les cas européens), des antécédents cliniques d’allergie aux arachides, des prick-tests cutanés ou des mesures d’anticorps anti-arachides dans le sang. On ignorait si les témoins présentaient une allergie à l’arachide ou une dermatite atopique. Les chercheurs ont recherché quatre mutations de la filaggrine qui sont les plus courantes chez les Canadiens, dont deux étaient identiques aux mutations évaluées chez les Européens.

Toutes les mutations évaluées empêcheraient le gène de la filaggrine de fonctionner.

Quels ont été les résultats de base?

Les chercheurs ont trouvé que 59 des 71 cas européens (83,1%) et 963 contrôles sur 1 000 (96,3%) n’avaient pas de mutations de la filaggrine. Une proportion plus élevée de cas européens (12 sur 71, 16,9%) que de témoins (37 sur 1 000, 3,7%) portaient au moins une copie mutée du gène de la filaggrine. Les chercheurs ont obtenu des résultats similaires pour l’échantillon canadien, où 19,2% des cas et 11,0% des témoins présentaient au moins une copie mutée du gène de la filaggrine.

Les analyses statistiques ont montré qu’il y avait une forte association entre les mutations de la filaggrine et l’allergie aux arachides dans les échantillons européens et canadiens. Cette association est restée après avoir pris en compte si les gens avaient une dermatite atopique, qui est associée à des mutations de la filaggrine choléra. Dans l’ensemble, une personne allergique à l’arachide était environ 3,8 fois plus susceptible d’avoir au moins une copie mutée du gène de la filaggrine que les sujets témoins.

Comment les chercheurs ont-ils interprété les résultats?

Les chercheurs ont conclu que “les mutations de la filaggrine représentent un facteur de risque significatif pour l’allergie à l’arachide médiée par les IgE”.

Conclusion

Cette recherche a suggéré que des mutations dans le gène de la filaggrine pourraient jouer un rôle dans le développement de l’allergie aux arachides. Les résultats devraient être confirmés par d’autres groupes de recherche dans des échantillons plus importants, ainsi que dans des échantillons de différentes ethnies. D’autres études seront également nécessaires pour étudier les mécanismes par lesquels des mutations dans ce gène pourraient jouer un rôle dans le développement de l’allergie aux arachides.

Il est important de noter que toutes les personnes présentant des mutations de ce gène n’étaient pas allergiques aux arachides et que la plupart des personnes allergiques aux arachides n’avaient pas les mutations de ce gène qui ont été testées dans cette étude. Comme l’étude ne visait que quatre mutations connues au sein du gène de la filaggrine, certaines personnes pourraient avoir eu d’autres mutations dans le gène qui n’auraient pas été détectées dans cette étude. Il peut y avoir d’autres gènes impliqués dans cette condition, et les facteurs environnementaux sont également susceptibles de jouer un rôle. Cela signifie également que le dépistage de ces mutations spécifiques ne serait pas en mesure d’identifier la plupart des personnes allergiques aux arachides, comme l’avaient suggéré certaines sources d’information. De tels tests pourraient également identifier à tort certaines personnes qui n’ont pas l’allergie.

Une autre limite à l’étude est que les contrôles canadiens n’ont pas été évalués pour la présence d’allergie à l’arachide, et il est possible que certains d’entre eux aient eu une allergie à l’arachide. De plus, comme les contrôles en anglais n’ont pas été suivis toute la vie, il est possible que certains aient développé une allergie aux arachides. Cependant, cela tendrait à rendre tout lien avec le gène de la filaggrine plus faible qu’il ne l’était réellement.

La découverte de ce lien génétique devrait, espérons-le, aider les chercheurs à mieux comprendre la maladie, ce qui pourrait éventuellement conduire à de meilleurs traitements à long terme. Cependant, il ne suggère pas immédiatement de nouvelles approches thérapeutiques et semble n’être qu’une pièce du puzzle.